Lyon (1844-1851)

Au mois de novembre 1844, le P. Colin l'appelle à Lyon comme provincial, avec la fonction d'assistant général. Pendant sept ans, il est associé au gouvernement de la Société de Marie, et à partir de 1846 comme visiteur général. Au mois de décembre 1845, le P. Colin lui confie la direction du Tiers-Ordre de Marie. Le P. Eymard va s'investir dans le développement de cette branche séculière mariste avec le zèle qu'il apporte en tout. Le Tiers-Ordre va se diversifier en différentes branches, selon les états de vie: les vierges, les mères chrétiennes, les petites filles, les jeunes gens, les hommes mariés, et même un groupe sacerdotal. En dehors de Lyon, il existe des groupes affiliés, ainsi à La Mure, à Tarare et en d'autres paroisses. Il a le souci de former les personnes par un enseignement suivi sur la vie intérieure et il en accompagne un certain nombre par la direction spirituelle. Aux dames, il propose de “vivre comme des religieuses au milieu du monde”. Sans doute n'est-ce pas la visée du P. Colin. Il n'en reste pas moins que, sous l'impulsion d'Eymard, le Tiers-Ordre connaît une extension importante et reçoit sa structure et les éléments essentiels de sa législation.

Peu d'études décrivent de façon détaillée la part qu'il prend à l'administration et à l'animation de la Société. Par contre, nous pouvons le suivre plus facilement dans ses prédications soit à Lyon – à deux reprises il prêche le Carême à La Charité – ou dans les missions paroissiales auxquelles il participe, à Dionay en 1849, à Chalon-sur-Saône en 1850, à Saint-Chamond en 1851. Il prêche également une retraite aux élèves du grand séminaire de Grenoble en 1850.

Au cours de cette période, deux événements vont orienter de façon décisive la vie spirituelle d'Eymard:
– le 25 mai 1845, alors qu'il préside la procession de la Fête-Dieu à la paroisse Saint-Paul de Lyon, il reçoit la confirmation d'un attrait, prêcher Jésus-Christ et Jésus-Christ eucharistique et il choisit saint Paul comme patron, ce grand amant de Jésus-Christ.
– Le 21 janvier 1851, alors qu'il prie à Notre-Dame de Fourvière, il est fortement impressionné par le manque de formation des laïcs et des prêtres, et le peu de dévotion envers le saint Sacrement. Il faut faire quelque chose, un corps d'hommes… – Par la suite, il considérera cette grâce comme une grâce de vocation.
Au mois de septembre 1851, le P. Eymard quitte Lyon en emportant avec lui cet appel.